
|
Nous, Centres sociaux et socio-culturels de France
fédérés,
divers dans nos origines, nos inscriptions territoriales et nos
formes institutionnelles nous entendons, dans notre Charte, expliciter
le sens que nous donnons à notre action. Nous nous exprimons alors
que notre société est traversée par de profondes mutations qui,
tout en ouvrant de nouveaux possibles, mettent à mal nombre de structures
sociales et désunissent trop d’existences personnelles.
|
Notre conception du Centre social et socio-culturel
Le Centre social et socio-culturel entend être un foyer d’initiatives
porté par des habitants associés appuyés par des professionnels,
capables de définir et de mettre en œuvre un projet de développement
social pour l’ensemble de la population d’un territoire.
|
|
|
Nos
valeurs de référence
Se plaçant dans le mouvement de l’éducation
populaire, les Centres sociaux et socio-culturels fédérés réfèrent
leur action et leur expression publique à trois valeurs fondatrices
: la dignité humaine, la solidarité et la démocratie.
|
|
La dignité humaine
Reconnaître
la dignité et la liberté de tout homme et de toute femme est
l’attitude première des acteurs des Centres sociaux et socio-culturels.
L’accueil, l’écoute
et le respect de chacun rend possible le dialogue personnalisé.
Le regard porté
sur les autres se garde des préjugés moraux et culturels.
La reconnaissance
laïque de la pluralité des croyances évite le renvoi de chacun
à sa conscience individuelle ou au repli identitaire.
L’attention donnée
aux qualités et aspirations de l’autre ouvre les chemins de
la convivialité, des progrès personnels et des coopérations
réciproques.
|
La Solidarité
Considérer les hommes et
les femmes comme solidaires, c’est à dire comme étant capables
de vivre ensemble en société, est une conviction constante
des Centres sociaux et socio-culturels depuis leurs origines.
La progression de l’individualisme
et la persistance de contradictions sociales n’empêchent pas
les Centres sociaux et socio-culturels de penser que les hommes
et les femmes se construisent comme personnes au travers de
leurs rapports aux autres.
Les individus deviennent des
acteurs solidaires lorsqu’ils s’engagent dans des rapports
sociaux qu’ils contribuent à constituer, tels que les liens
familiaux, les relations de voisinage, les convivialités,
les solidarités de groupe, les rencontres interculturelles,
les participations associatives, les rapports de travail,
les engagements citoyens… Échanger des savoir-faire, entrer
dans des réseaux d’entraide, soutenir l’insertion sociale
et économique de chacun, défendre les droits des personnes
à vivre en société, solidarisent les individus.
|
La Démocratie
Opter pour la démocratie,
c’est, pour les Centres sociaux et socio-culturels, vouloir
une société ouverte au débat et au partage du pouvoir.
Les Centres sociaux et socio-culturels
entendent établir, et au besoin conquérir, avec et pour les
habitants d’un quartier, d’une ville, d’une agglomération
ou d’un pays, des espaces de discussion et de participation
à des prises de décision concernant leur vie quotidienne et
celle de la collectivité.
Opter pour la démocratie c’est
aussi s’engager concrètement dans des actions collectives,
mêmes modestes, dont les finalités, les modalités et les résultats
peuvent être débattus.
La démocratie participative, en proposant, en agissant,
en contestant, est nécessaire à la vie politique locale. La
force de la démocratie locale c’est l’engagement civique des
citoyens
|
|
|
Nos Façons d'Agir
L’action des Centres sociaux
et socio-culturels s’enracine dans l’expérience vécue des habitants.
Elle associe la sensibilité et la rationalité des acteurs. Elle
trouve une condition de son élaboration et de sa conduite dans la
convivialité créée par le centre social.
|
|
L'élaboration de l'action
La vision des Centres sociaux et
socio-culturels ne fractionne pas la vie humaine en autant de
segments qu’il y a d’administrations ou de prestataires de service
: elle identifie ce qui fait la globalité de l’existence individuelle
et des situations collectives.
Les Centres sociaux et socio-culturels
prennent autant en compte les potentialités que les difficultés.
Ils font de l’écoute et de la rencontre des habitants, mais aussi
de l’observation et du recueil méthodique de données, les instruments
de leurs analyses, contribuant ainsi à l’élaboration de diagnostics
territoriaux concertés.
Les Centres sociaux et socio-culturels
insèrent leur action quotidienne dans un “projet social” cohérent
et pluriannuel, explicitant objectifs et moyens. Référé aux
caractéristiques du territoire, ce projet est élaboré avec les habitants
et concerté avec les partenaires des Centres sociaux et socio-culturels.
Avec ce projet, les Centres sociaux
et socio-culturels vont au-devant d’individus, de groupes et d’associations,
dont la préoccupation ordinaire est de construire leur vie selon
leur propre spécificité. Ils accompagnent cette volonté tout en
l’ouvrant à la vie familiale et sociale et à la participation à
des initiatives de développement social local.
Lorsque ces individus et ces groupes
souffrent de dépendance ou d’exclusion, les Centres sociaux et socio-culturels
entendent favoriser les conditions pour que ceux-ci puissent agir
librement, et discuter les projets qui les concernent à égalité
de droits et de garanties.
Les Centres sociaux et socio-culturels
n’agissent pas seuls. Ils connaissent les autres acteurs associatifs,
administratifs, politiques ou économiques de leur territoire de
projet. Ils nouent avec eux les relations nécessaires aux actions
à conduire. Ils formalisent, de préférence, ces relations dans
des conventions de partenariat. Par contre, ils n’entendent
pas être instrumentalisés ni devenir de simples prestataires de
services ou réduire leur projet social à des délégations de service
public.
|
La conduite de l'action
Dans la conduite de leurs actions,
les Centres sociaux et socio-culturels entendent être participatifs,
opérationnels et responsables.
Participatifs, les Centres
sociaux et socio-culturels le sont dans leur constitution même et
dans leur fonctionnement en associant, dans l’action et dans les
instances consultatives et délibératives, des habitants auteurs
et acteurs du “projet social”, des administrateurs bénévoles et
des salariés qualifiés acquis au projet.
Participatifs, ils le sont
lorsque, délibérément, ils inscrivent l’engagement actif d’habitants
et de bénévoles dans une logique d’éducation populaire en favorisant
leur formation. Participatifs, ils le sont, lorsqu’ils prennent
publiquement la parole pour avertir et faire des propositions ou
pour dénoncer l’inacceptable.
Participatifs, ils le sont,
lorsqu’ils coopèrent avec des acteurs publics, afin de produire
avec eux des “biens publics”, tels que, par exemple, la qualité
des espaces collectifs ou l’esprit civique.
Opérationnels, les Centres
sociaux et socio-culturels le sont par leur capacité à conduire
avec professionnalisme une pluralité d’actions coordonnées, ponctuelles
ou durables, individuelles ou collectives, dans la proximité ou
pour l’ensemble d’un territoire.
Responsables, les Centres
sociaux et socio-culturels le sont lorsqu’ils s’activent à rassembler
les moyens de leur “projet social” tels que le concours actif
de bénévoles compétents, le recrutement de salariés qualifiés, la
transformation d’emplois précaires en emplois permanents, la disposition
de locaux adaptés, l’obtention de financements pérennes.
Responsables, ils le sont aussi lorsqu’ils font connaître
aux habitants et à leurs partenaires leur programme d’action, lorsqu’ils
gèrent avec rigueur l’argent public qui leur est attribué, lorsqu’ils
se soucient de soumettre leurs actions et leur gestion à l’évaluation
interne et externe.

|
|
Notre Engagement Fédéral
Notre Charte est l'expression de Centres
sociaux et socio-culturels qui ont fait de leur adhésion volontaire
à la Fédération des Centres sociaux et socio-culturels de France
un acte politique et stratégique.
|
|
un acte politique
En se fédérant, les Centres sociaux
et socio-culturels se créent un espace d'élaboration partagée du
"projet centre social et socio-culturel".
Ils acquièrent collectivement une
capacité politique à dire publiquement leurs finalités, leurs
modes d'action et à prendre part au débat public.
Ils se dotent démocratiquement d'instances
garantes de leur volonté commune.
Ils se donnent les moyens, y compris
financiers, de préserver leur indépendance fédérale.
Ils nouent des liens à l'échelle européenne
et internationale de façon à faire progresser leurs valeurs et leurs
formes de pratique.
|
un acte stratégique
En se fédérant, les Centres sociaux
et socio-culturels se mettent en réseau, à différents échelons de
territoire, pour mutualiser leurs capacités, pour partager leurs
difficultés, et pour s'organiser stratégiquement quant
aux actions à conduire et aux partenariats à établir.
|
|
En se fédérant, les Centres sociaux
et socio-culturels font valoir, plus haut et plus fort, le sens
et l'efficacité de leur propre action au bénéfice d'une société
plus solidaire.

|
|
Il va de soi que
ces affirmations de principe ne sont des engagements vivants et
concrets que dans la mesure où elles s’expriment en actes et selon
des modalités de mise en œuvre précises, qui font l’objet de textes
du fédéralisme (textes statutaires, pactes et protocoles, modes
de reconnaissance, méthodes de travail…).
C’est pourquoi,
elle implique de la part de tous ceux qui s’y réfèrent et des instances
fédérales en particulier, qu’ils l’accompagnent d’un Programme d’actions
concertées pluriannuel (4 ou 5 ans).
Élaboré sous la
responsabilité du Conseil d’administration de la FCSF, débattu dans
le réseau préalablement à sa présentation en assemblée générale,
ce programme sera articulé autour d’axes et d’objectifs précis permettant
une évaluation qui servira de base à la préparation du programme
suivant. C’est le programme pluriannuel qui constituera le rapport
d’orientation de la FCSF. Il devra s’appuyer sur une démarche prospective
car il constituera l’élément central de la politique de développement
du réseau en termes d’extension et de qualité.
|
|